Municipales à Toulouse : aura-t-on vraiment un conseil municipal citoyen ?

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Le Conseil Municipal du 11 avril 2014. © Patrice Nin

Alors que le second tour des élections municipales se tient dimanche 28 juin à Toulouse, les deux listes en course se targuent d’avoir privilégié le citoyen, aux dépends des partis. Mais qu’en est-il vraiment ? 

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron et le mouvement des Gilets jaunes, les partis politiques traditionnels ont la vie dure et se voient de plus en plus contestés par les électeurs. Dans ce nouveau paysage politique, les listes en course pour un mandat municipal mettent l’accent sur la société civile et promeuvent les citoyens, quitte à l’intégrer dans le nom de leur liste. Mais en réalité, les prochains élus au Capitole seront bien, avant tout, des militants d’appareils politiques. 

Un Archipel Citoyen ou un archipel de partis ? 

Alors que depuis le début de sa campagne, Archipel Citoyen mise sur le projet local en dehors de toute considération partisane, la liste d’Antoine Maurice devrait bien envoyer en grande majorité des élus appartenant à des appareils politiques au Capitole. 

Parmi les 53 possibles élus, en cas de victoire, 11 seront issus du Parti socialiste, 5 d’Europe-Écologie Les Verts (dont la tête de liste), 5 de la France insoumise, 2 de Génération.s, 2 du Parti communiste français, 1 du Parti radical de gauche, 1 de Place publique, et 1 de Gauche démocratique & sociale. Soit un total de 28 élus encartés politiquement, qui ne laissent la place qu’à 23 « citoyens », pour la plupart issus de collectifs ou d’associations non moins politisées. 

Et du côté d’Aimer Toulouse ? 

À droite, ou plutôt au centre, la liste du maire sortant Jean-Luc Moudenc tente également de jouer la carte locale, en toute indépendance des clivages nationaux. La liste affiche une parité entre encartés et personnes issues de la société civile dès le premier tour et renouvelle de près de la moitié l’effectif non-encartés élus durant le mandat 2014-2020.

Dans le détail, et sur la même base de 53 élus en cas de victoire, ils seront 15 adhérents du parti Les Républicains, 5 de la République en Marche, 3 du Mouvement radical, 1 de Sens Commun, 1 de l’UDI, 1 d’Agir, et 1 Divers droite, à siéger au conseil municipal. Et du côté des « citoyens », non-encartés, ils seront 26, dont 12 sortants, pour la plupart des commerçants ou chefs d’entreprises de la ville. 

En résumé, si la liste Aimer Toulouse, conduite par Jean-Luc Moudenc est bien plus noyautée par Les Républicains, elle laisse davantage de places éligibles aux personnes non-encartées. Du côté d’Archipel Citoyen, la liste a surtout fait les frais des négociations et des fusions de colistiers venus de la liste de Pierre Cohen et de Nadia Pellefigue. Ceux-ci n’ont pas apporté leur soutien gratuitement, aux dépens de possibles élus citoyens. 

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