Jean-Luc Moudenc sur Sud Radio : « Pour Toulouse, les partis politiques ne doivent pas dicter la loi »

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Jean-Luc Moudenc sur Sud Radio, invité de Patrick Roger. © Sud Radio

Sud Radio était en direct du café Florida, sur la place du Capitole, jeudi 25 juin. Antoine Maurice et Jean-Luc Moudenc étaient tour à tour invités pour réagir au sondage Ifop/Fiducial pour La Dépêche et la Sud Radio et détailler leurs positions. 

Alors que l’étau se resserre entre les deux candidats qualifié au second tour des municipales à Toulouse, et qu’un point seulement les sépare selon un dernier sondage, les deux têtes de liste entament le sprint final, 48 heures avant la fin de la campagne officielle. Avant un débat sur La Dépêche, Antoine Maurice et Jean-Luc Moudenc se sont croisés tour à tour au micro de Sud Radio, dans la matinale du jeudi 25 juin. On résume pour vous leurs interventions. 

« Rien n’est joué »

En réaction au sondage publié ce jeudi matin, Antoine Maurice, tête de liste d’Archipel Citoyen estime que « rien n’est joué » mais compte profiter de la dynamique actuelle. « Il y a six mois, on disait que Jean-Luc Moudenc était imbattable, aujourd’hui c’est le troisième sondage qui exprime la possibilité d’un changement à Toulouse. Il est possible mais n’est pas fait », estime-t-il. De son côté, Jean-Luc Moudenc compte sur la participation et les 64% d’abstentionnistes au premier tour qui « tiennent entre leurs mains le destin de la ville pour les six années qui viennent ». 

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Un match décisif entre deux listes que tout oppose sur le papier. « Je suis à la tête d’un large rassemblement qui a su fédérer des forces politiques, citoyennes mais aussi beaucoup de citoyens non-encartés qui ont un projet commun pour Toulouse : renouveler la démocratie, mettre en oeuvre la transition écologique et qui a pour boussole la solidarité », présente la tête de liste d’Archipel Citoyen. De son côté, Jean-Luc Moudenc souligne que « seize partis politiques se sont coalisés » sur la liste d’Antoine Maurice. « La grande nouveauté, c’est qu’il y a l’extrême-gauche dans une liste avec en force les représentants de la France insoumise et des personnalités qui ont tenu des propos extrême », dénonce-t-il. Le maire sortant compte notamment sur « la gauche humaniste qui ne veut pas mêler gauche et extrême-gauche ».

Quant à savoir si le soutien de la République en Marche est un handicap pour la liste Aimer Toulouse, Jean-Luc Moudenc répond que « depuis 2014, nous comptons déjà cinq élus LREM (depuis 2017, Ndlr) sans que cela n’ait posé problème ». « Ce n’est pas LREM qui va diriger Toulouse », assure-t-il, s’appuyant sur « une équipe plurielle, dont la moitié des candidats n’appartiennent à aucune formation politique ». « Pour Toulouse, il ne faut pas que ce soit des partis politiques qui dictent la loi », affirme Jean-Luc Moudenc qui note « qu’Archipel était au départ citoyen mais compte aujourd’hui trois quarts des candidats venant de partis politiques ».  

À celui qui sera le plus écologiste

Dans cette dernière bataille, les deux candidats se disputent la posture écologiste. Antoine Maurice veut « faire respirer Toulouse » en développant notamment « la piétonisation du centre-ville mais aussi des cœurs de quartier », qui selon lui « n’a pas été développé durant le mandat actuel ». Projet phare et contesté, le candidat d’Archipel Citoyen souhaite « mettre en œuvre 600 kilomètres de pistes cyclables sécurisées ». 

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De son côté Jean-Luc Moudenc défend son bilan. « On a consacré 30% de plus de budget pour les transports en commun que lorsque Antoine Maurice était aux responsabilités », rappelle-t-il. Le maire sortant se targue d’avoir « planté plus de 18.000 arbres » et entend augmenter la cadence de plantation, avec l’objectif de « 100.000 arbres » supplémentaires dans la ville et l’aménagement de « cinq grands parcs ». Sur le vélo, la tête de liste d’Aimer Toulouse rappelle la création de 70 kilomètres de pistes cyclables depuis 2014 et entend « multiplier par deux le budget vélo » durant les six prochaines années. 

Antoine Maurice, le candidat anti-projet ?

Projet phare pour la région et pour Toulouse, la ligne à grande vitesse est un « mensonge » pour Antoine Maurice. « Ça fait 35 ans qu’on parle de la LGV, aujourd’hui l’État a affirmé qu’il ne la financerait pas. Promettre la LGV, c’est promettre un nouveau mensonge », estime le candidat. Pour Jean-Luc Moudenc, après « trois années de haute lutte avec le gouvernement actuel », le maire aurait obtenu « la garantie que le gouvernement inscrive dans la loi ce projet ». Pour l’édile toulousain, « Antoine Maurice prétend briser ce consensus institutionnel autour d’une grande ambition », déplore-t-il, rappelant que cette ligne devrait « attirer des entrepreneurs, des entreprises, des emplois ». Mais du côté d’Archipel Citoyen, on « préfère un TGV qui arrive plus vite à Paris qu’une LGV qui n’arrive jamais »

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Pour Jean-Luc Moudenc, « le programme d’Archipel Citoyen est une mise à l’écart de tous les grands projets de la ville de Toulouse » et insiste sur les consensus trouvés avec le conseil départemental et le conseil régional, pourtant dirigé par les socialistes. « Ce consensus au service de l’avenir de Toulouse, monsieur Maurice veut en mettre fin », s’inquiète-t-il. 

https://twitter.com/SudRadio/status/1276054552530354182

De son côté, Antoine Maurice tente de rassurer sur le sujet de l’aéronautique. « La crise de l’aéronautique, ce n’est pas la conséquence de la politique écologique mais de la politique néo-libérale que soutient le maire sortant », indique-t-il, précisant être « fier de l’histoire aéronautique de Toulouse ». S’il est élu, il entend organiser « dès septembre des assises nationales de l’aéronautique pour assumer le leadership de la ville de Toulouse et mettre autour de la table tous les acteurs, dont l’État, les collectivités locales, les entreprises, les salariés, les économiste et les citoyens ». Des assises qui doivent aboutir « à une mobilisation de fonds de soutien pour préserver les emplois d’aujourd’hui et les compétences précieuses »

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