Remaniement : un Gersois à Matignon, l’Élysée nomme Jean Castex

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Remaniement
Jean Castex devant la commission des lois du Sénat. © Public Sénat

Le Président de la République Emmanuel Macron a nommé Jean Castex dans le rôle de Premier ministre, après la démission d’Édouard Philippe, vendredi 3 juillet. 

Après plusieurs jours de suspens, le nouveau chef du gouvernement a été nommé par l’Élysée, vendredi midi. Il s’agit de Jean Castex, inconnu du grand public jusqu’à il y a quelques mois, il était le coordinateur du groupe de travail interministériel sur les stratégies de déconfinement, depuis le 2 avril dernier. 

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Né à Vic-Fezensac (Gers) en 1965, Jean Castex est un ancien élève de l’École nationale d’administration (ENA) en 1991. Après plusieurs postes de fonctionnaires, c’est à Prades (Pyrénées-Orientales) qu’il bâtit son fief, en se faisant élire maire en 2008. Il devient secrétaire adjoint à la présidence de la République entre 2011 et 2012, lors de la dernière année de mandat de Nicolas Sarkozy. Conseiller régional du Languedoc-Roussillon, il est ensuite devenu conseiller départemental des Pyrénées-Orientales en 2015.

Sous l’étiquette de l’UMP, puis de Les Républicains, Jean Castex soutient François Fillon lors de la campagne interne pour la présidence du parti en 2012. Réputé proche des sarkozystes, le nouveau Premier ministre sera la caution de droite pour le nouveau gouvernement d’Emmanuel Macron. 

Un socialiste en directeur de cabinet

Nicolas Revel a également été nommé comme directeur de cabinet du Premier ministre. Un socialiste revendiqué, ancien collaborateur de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris, il faisait parti du duo Macron-Revel en tant que secrétaire général adjoint de l’Élysée sous François Hollande. 

Des réactions mitigées

Cette nomination de Jean Castex alimente la toile de toute part. Le président du Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, Tony Estanguet a adressé « ses chaleureuses félicitations » à l’ancien délégué interministériel pour les Jeux de Paris 2024. 

La Présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, a elle aussi fait part « de sa haute estime » pour le nouveau Premier ministre. « C’est un homme de qualité, un grand serviteur de l’État, un haut fonctionnaire compétent et un élu local reconnu », estime-t-elle.

Du côté de Louis Aliot, nouveau maire RN de Perpignan, la nomination du maire de Prades (Pyrénées-Orientales), lui inspire de l’espérance « sur sa mobilisation pour qu’enfin Perpignan accède au train à grande vitesse ainsi que sur une défense de notre ruralité », a-t-il déclaré. 

Du côté de la France insoumise, la voix de Danièle Obono se fait particulièrement entendre. Elle s’indigne de voir un ministre toujours du même profil : « homme blanc de droite », juge-t-elle. Un commentaire qui aurait forcément été attaquée en justice si Christiane Taubira avait été nommée et désigné de ces mêmes caractéristiques ethniques. 

Pour Éric Ciotti, député LR, la nomination d’un « technocrate » au poste de Premier ministre, « dissout Matignon ». Selon lui, Emmanuel Macron « dérive de plus en plus vers un pouvoir totalement personnel et autoritaire ». 

Même son de cloche pour Nicolas Dupont-Aignan. Le président de Debout La France observe « une transformation définitive de la fonction de Premier ministre en simple collaborateur ». Le député de l’Essonne déplore un Président de la République « qui s’accapare tous les pouvoir pour le pire ! ». 

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