5 juillet 1119 : le concile de Toulouse qui implante les premiers bûchers dans le Languedoc

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Concile de Toulouse
Le maître des Templiers et d'autres templiers condamnés au bûchers en 1314. Chroniques de France ou de St Denis, BL Royal MS 20 C vii f. 48r. Réalisation en 1380.

Une dizaine de conciles se sont tenus à Toulouse en l’espace de mille ans. Parmi eux, le concile de Toulouse en 1119 qui statue les sanctions contre les hérésies. 

Du 5 au 8 juillet 1119, le concile de Toulouse s’ouvre pour statuer sur une nouvelle définition des croyances passibles d’excommunication. Présidé par le pape Calixte II, il durcit les règles d’excommunication vis à vis des hérétiques. Si jusqu’à présent il était question de se repentir, les condamnés seront désormais livrés directement au bras séculier. 

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Dans le viseur, l’hérésie cathare, jusque là peu inquiétée par l’Église, elle est condamnée à travers ce concile, un siècle avant la croisade des Albigeois. Mais c’est surtout le manichéisme, une religion fondée par le perse Mani au IIIe siècle qui se veut une synthèse du christianisme, du bouddhisme et du zoroastrisme et qui s’éteindra au XIVe siècle en Chine du Sud.

La condamnation de Pierre de Bruys

La condamnation principale relève du prédicateur Pierre de Bruys. Prêtre, il refusa d’obéir à la hiérarchie de l’Église qu’il conteste de plus en plus violemment. Pour ce hérésiarque, seuls les quatre Évangiles font figure d’autorité et rejette les autres livres du Nouveau Testament, à savoir les Épitres, l’Ancien Testament et les écritures des Pères de l’Église. 

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Il rejetait bien entendu l’Église catholique et toute sa hiérarchie, y compris le clergé contre lequel il n’hésitait pas à prêcher la violence, jusqu’à lui-même la mettre en pratique. Parmi les points doctrinaux qu’il contestait, il refusait de baptiser les enfants parce qu’ils n’avaient pas la foi au moment de leur baptême. Or, l’Église encourage vivement le baptême dès le plus jeune âge, afin de protéger l’âme des enfants au cas où, ils ne puissent pas atteindre l’âge de raison. Il rejetait également la doctrine de la transsubstantiation, à savoir la transformation du pain et du vin en corps et sang de Jésus-Christ pendant la consécration lors de la messe. Un mystère pourtant initié par Jésus-Christ lui-même, qu’il perpétra au moment de la Cène, avant sa Passion. Il niait la valeur des sacrements pour les défunts et jugeait inutile les églises. 

Autre refus, celui de la croix, un symbole qu’il juge comme l’instrument de la mort du Christ et qui donc, ne peut être vénéré ou adoré. Il prêchait pour la destruction en morceaux et la mise à feu de toute croix. C’est d’ailleurs ce qui lui coûta la vie à Saint-Gilles (Gard) en 1131. La population, exaspérée de le voir brûler les croix de la cité le précipita au bûcher, qu’il, dit-on, allumera lui-même. 

L’apparition des bûchers

À partir de ce concile de Toulouse et le durcissement des sanctions contre les hérétiques, les premiers bûchers feront leur apparition en terre du Languedoc. Les condamnations de ce type concernait, durant le Moyen-âge et la Renaissance, principalement les personnes condamnées pour hérésie et sorcellerie. Le premier bûcher mentionné apparaît en 1010, lors d’une campagne de persécutions contre les juifs.

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Le bûcher était bâti à partir d’un poteau en terre entouré de paille, de fagots et de bûches arrivant jusqu’à hauteur d’homme. Le supplicié se trouve sur une estrade en hauteur qui permet une prise d’air par en-dessous, et disons le, permet au public de ne rien perdre du spectacle. Le condamné finissait davantage rôti que brûlé ou mourrait la plupart du temps par asphyxie. 

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