Élection de Jean-Luc Moudenc : unir pour gagner

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Jean-Luc Moudenc
Jean-Luc Moudenc élu maire, lors du premier conseil municipal de la mandature, le 3 juillet 2020 à la salle des Illustres. © Mairie de Toulouse

Fruit d’un travail de terrain et d’une étude parfaite des cartes électorales. La victoire de Moudenc est un cas à étudier.

La campagne de second tour et la victoire de Jean-Luc Moudenc est un parfait exemple de mobilisation politique. S’appuyant sur ses bastions et ses réseaux, il a proposé une stratégie offensive qui lui a permis de briser la vague verte.

Loin d’avoir fait une campagne de « caniveau », le maire sortant a clairement réussi à gagner la bataille des idées et des cœurs. Quand Antoine Maurice faisait le grand écart entre sa façade citoyenne et ses jeux de calculs avec les vieux apparatchiks de la Gauche locale, Jean-Luc Moudenc définissait un programme clair et fédérateur. Par sa personnalité, il a réussi le pari d’allier la fermeté des convictions et l’ouverture d’esprit. Ménageant un espace à toutes les sensibilités de son camp, il a déterminé qui était l’ami et qui était l’ennemi.

Il a défini la nature de son adversaire et les dangers qu’il représente pour Toulouse. Véritable repoussoir, le programme et la composition d’Archipel fût un véritable épouvantail pour nombre de Toulousains. Grâce à cela, il a pu compter sur une large frange de l’électorat, de la droite nationale à la gauche modérée.

L’esprit de synthèse

La carte des résultats montrent que « JLM » à réussit à mobiliser son électorat « traditionnel » ( la bourgeoisie toulousaine des quartiers de la Côte Pavée et du centre historique). Ciblant les bureaux favorables, il est allé chercher ses électeurs qui avaient boudé les urnes au premier tour par peur du Covid-19 ou par manque de motivation. On remarquera que les quinze jours avant le scrutin furent marqué par un travail en profondeur de l’équipe de campagne de Moudenc sur ces secteurs. Porte à porte, tracts ciblés et démarchage téléphonique complétés par un travail de réseau, dénote avec la campagne festive et internet d’Archipel. C’est une leçon pour le coup pour ceux qui juge le travail militant « à l’ancienne » inutile. Le buzz sur le net n’est pas forcément la clé de toute les victoires.

C’est l’enracinement dans un territoire qui donne les meilleurs résultats. Surtout quand il se double d’un travail parfait des zones favorables. Car à l’électorat de droite classique (bourgeoisie, professions libérales et commerçants), Jean-Luc Moudenc a ajouté l’électorat périphérique des quartiers populaires et des cités. Les zones pavillonnaires des classes moyennes et laborieuses ont fortement voté pour le maire sortant, ayant également le plus fort taux de vote chez les ouvriers. Dans les quartiers (en particulier au Mirail et à Bagatelle), « Aimer Toulouse » arrive largement en tête dans la plupart des bureaux de vote.

L’implantation paie

Comment expliquer cette convergence inédite ? C’est d’abord le rejet du modèle sociologique incarné par Archipel. Le programme « bobos » n’est absolument pas passé chez ceux qui travaille pour vivre ou qui veulent s’en sortir. C’est aussi la crainte de voir des amateurs prendre la tête des affaires dans une période de turbulence économique. On remarquera aussi que les communautés étrangères ont largement soutenu le maire sortant (les Africains par convictions religieuses ou les asiatiques par anti-communisme), comme d’ailleurs la majorité des personnes ayant une pratique religieuse (catholiques, protestants, israélites ou musulmans ayant pour une fois un vote commun).

Redisons le, cette paradoxale alchimie est le fruit d’une implantation et d’une vision pragmatique de la politique. À l’idéologie froide de la Gauche transgénique, Jean Luc Moudenc a opposé une vision organique des familles politiques qui représente Toulouse. Partant de la réalité, il a capté l’esprit toulousain. Qu’en fera-t-il ? Nous le verrons durant les six prochaines années…

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