Universités. « La rentrée 2020 risque d’être compliquée »

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Alors que le début des vacances d’été a sonné, les étudiants restent dans l’incertitude pour la rentrée de 2020. Margaux, étudiante et responsable de section du syndicat La Cocarde étudiante, nous dresse un panorama de la situation estudiantine.

Alors que l’année scolaire a été entachée par deux mois de confinement et une impossible de réouvrir pour les universités, les étudiants ont dû valider leur année dans des conditions inédites. Margaux, 19 ans, étudiante en Sciences politiques à l’Institut Catholique d’Étude supérieur (ICES) et responsable de la Cocarde étudiante s’est fait remarquée au mois de mai pour avoir dénoncé les conditions d’examen pour le Paces. C’est avec son accent chantant du Gers qu’elle nous livre ses inquiétudes pour la rentrée universitaire de 2020.

Alors que les écoles ont rouvertes petit à petit, les universités sont restées fermées. Quelle est la situation pour les étudiants aujourd’hui ?
La situation des étudiants est très hétérogène en France. Il y a des étudiants pour lesquels les modalités ont été très bien adaptées et des facultés qui ont su très bien s’adapter au contexte actuel. Cependant cela n’est pas la majorité des cas, il y a des universités qui n’ont pas hésité à brader la valeur du diplôme au nom de l’égalité des chances. Certaines universités font primer le contrôle continu sur les examens finaux, d’autres gardent les même examens mais adaptent les conditions. Il n’y a pas une situation globale, les situations diffèrent dans chaque universités.

Dans quelles conditions les examens vont-ils se tenir de manière général ?
Même si les modalités ne sont pas les mêmes dans chaque université, les conditions, elle, sont plus ou moins identiques. Les partiels ne se dérouleront pas en présentiel mais en ligne. Pour les concours cela est différent, il y a deux cas de figure. Soit la facultés décide de l’annuler et de faire une sélection sur dossier, comme SciencePo, soit la faculté a décidé de maintenir le concours en essayant d’adapter les modalités, comme pour les Paces. À Toulouse par exemple le concours est maintenu et 1.000 étudiants vont se retrouver à passer cet examen en même temps.

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Certains demandaient l’instauration d’un plancher pour les notes (10/20). Que pensez-vous de cette proposition ?
La présidente de l’UNEF a déclaré que l’instauration du 10/20 était « l’unique solution face à l’échec de masse ». Or, c’est l’instaurer qui serait un échec, cela dévaloriserait le diplôme de l’étudiant, il n’y aurait plus de mérite. Le seuil de 10/20 ne permet pas d’évaluer le niveau et les connaissances des étudiants. Certaines universités ont cédé à cette proposition sous la pression. Face à cela il existe une alternative : l’évaluation à distance, qui n’est pas une atteinte à l’égalité des chances car elle est déjà utilisé dans plusieurs cas, notamment l’évaluation de personne en situation de handicap ne pouvant pas se déplacer.

Vous vous êtes exprimé contre les conditions d’examens de la PACES à Toulouse. Qu’est-ce qui était prévu ? Quelle a été la décision finale ?
Exact, lorsque j’ai appris ce qui se passait à Toulouse, j’ai discuté avec mes camarades de la
Cocarde et nous avons pris la décision de nous exprimer face à la situation. Nous ne trouvons pas normal que la chance prime sur la connaissance sur un concours avec d’importants enjeux.
Nous avons donc créé une campagne sur les réseaux afin de faire prendre conscience a tous de ce qui était en train de se passer à Toulouse. Les étudiants ont réussi à avoir gain de cause, ils ont modifié les durées des épreuves pour faire une division par moitié de celles du départ, et ils ont adapté les coefficients en fonction. C’est à dire que, comme ils ont la moitié des épreuves en temps, les coefficients s’adaptent.

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Au niveau des conditions sanitaires, cela a aussi été modifié, les facultés se sont engagées à distribuer des masques ainsi que du gel hydro-alcoolique pour les épreuves. Des aménagements pour les étudiants à risque sont prévus. Des mesures complémentaires de sécurité sanitaire sont prévues (équipe secouriste croix rouge). La distance entre étudiants composant sera augmentée par rapport au concours traditionnel (plusieurs hall réservés).

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Comment les étudiants vont-ils pouvoir aborder l’année prochaine ? Les rattrapages vont-ils pouvoir se tenir ? Que vaudra les diplômes donnés cette année ?
La rentrée 2020 risque d’être compliquée. Les étudiants n’ont pas fini leur années comme ils auraient dû, et, de fait, certains n’ont pas pu montrer ce qu’ils voulaient montrer. Cependant la plupart des universités ont tenu à garder au plus proche possible la valeur de leur diplôme.
Quant au rattrapage, ils auront bien lieu, et en présentiel, pour garder au plus proche possible la valeur de l’épreuve. 

Un dernier mot ?
Même si cette crise a été compliquée pour beaucoup, il ne faut pas perdre de vue un des principes clé de notre république : La méritocratie. Sans éducation nous n’avons rien, et cela depuis déjà bien longtemps. Alors ne cédez pas à la facilité des solutions proposées, accrochez-vous à vos études et vous n’en serez que plus fière !

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