Alexandre, président des Indians : « Ce match fera office de test pour savoir si on peut continuer »

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Le championnat de France de Ligue 1 et de Ligue 2 reprend ses droits, samedi 22 août, après six mois éloignés des terrains. Pour les Indians, l’heure sera au test. Le groupe prévoit d’animer a minima le stade en respectant le protocole imposé.

Après six mois sans football, les supporters vont enfin pouvoir retrouver leur équipe favorite. Samedi 22 août, le Toulouse FC reprend le chemin du Stadium pour affronter Dunkerque, en vue de la première journée du championnat de Ligue 2. Si les 11 violets seront bien sur le terrain, les joueurs se verront amputé du douzième homme, puisque seulement 5.000 spectateurs pourront assister à la rencontre.

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Partout en France, les groupes de supporters ont annoncé leur absence des gradins, dans l’impossibilité d’allier protocole sanitaire et ambiance populaire. A Toulouse, le principal groupe ultra, les Indians Tolosa sera lui-aussi laissé sur la touche. Mais ses membres seront bien présents samedi et tenteront, comme ils le peuvent, de se faire entendre tout en respectant les distances imposées par les autorités. Un test pour déterminer si les Indians pourront assurer une 27e année consécutive derrière le Téfécé.

Allez-vous reprendre les encouragements samedi ?
Alexandre Roux :
Dans un premier temps, nous allons essayer de nous regrouper dans le kop tout en respectant les règles et en étant espacé. Compte-tenu du fait que le groupe a pris la décision de suspendre ses activités au stade, il n’y aura ni bâche ni drapeau. Nous animerons la tribune juste avec un tambour et un mégaphone. On va voir si on peut arriver à quelque chose. Ce match fera office de test, nous prendrons la décision après le match pour savoir si on peut continuer ou si malheureusement on arrête toute activité au stade.

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Si les activités sont suspendues, cela signifie-t-il une vie de groupe à l’arrêt ?
La vie de groupe ne sera pas forcément à l’arrêt. Nous trouverons d’autres moyens de soutenir l’équipe en se rendant à l’entraînement, en déployant des banderoles d’encouragement autour du stade ou en accueillant le bus de l’équipe avant les matchs. Nous voulons montrer à l’équipe qu’on est derrière eux.

Vous avez lancé une campagne d’abonnement, est-elle toujours d’actualité malgré l’absence du groupe ?
Bien sûr, on ira toujours au stade. La campagne a bien marché, on est quasiment au même nombre d’abonnés que l’année dernière, soit une centaine. Mais beaucoup s’abonnent puis prendront plus tard l’adhésion au groupe.

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Quel est l’intérêt d’adhérer aux Indians ?
Avec vingt euros, on participe à faire vivre le groupe, à payer les animations. Nos adhérents peuvent avoir des avantages sur les déplacements mais ont aussi accès au matériel réservé aux membres ou bénéficient de prix réduits. Nos membres ont également plus d’informations sur notre vie, que l’on ne communique pas forcément publiquement.

Certains supporters critiquent une reprise du championnat prématurée. Se fait-elle dans de bonnes conditions, selon vous ?
Nous avions signé un communiqué commun avec une quarantaine de groupes de toute la France contre le football à tout prix. Nous tenons à saluer la décision des instances et du gouvernement d’avoir arrêté totalement le championnat, contrairement aux autres pays où les matchs se sont joués à huis-clos. Alors certes, les stades seront en majorité vides, mais au moins, il y a une volonté de reprendre avec des supporters.

Les matchs de Ligue 2 se joueront de nouveau le samedi à partir de cette saison. Y voyez-vous une victoire des supporters dans cette décision, après plus d’une dizaine d’années de lutte ?
C’est super. Pour nous le football c’est le week end, surtout pour les gens qui font des déplacements. Cette saison, cela sera compliqué avec une reprise tardive du championnat et un Euro en fin de saison, on n’échappera pas aux matchs en semaine. Mais le calendrier a déjà été allégé par la suppression de la Coupe de la Ligue. Là aussi c’est une victoire pour nous, qui l’avions boycotté jusqu’à sa fin.

Qu’en sera-t-il des fumigènes encadrés, annoncés par la ministre des Sports ?
Nous sommes pour l’utilisation des fumigènes et on continuera de les utiliser, que ce soit illégale ou pas. Nous militons pour leur légalisation et cette décision tend vers ça. C’est une phase de test qui en toute logique devrait bien se passer, même si c’est compliqué en ce moment avec les restrictions sanitaires. C’est une très bonne chose pour nous, petit à petit on va voir que les fumigènes ne sont pas dangereux lorsqu’ils sont bien utilisés et à la fin on arrivera à ce qu’on veut. Plus généralement, les choses s’améliorent grâce à l’Association nationale des supporters (ANS) qui a lancé beaucoup de débats. A l’origine, la loi Larrivé de 2016 devait rajouter plus de moyens à l’arsenal répressif contre les supporters. C’est le travail de l’ANS qui a permis d’y inclure une partie sur le dialogue entre les instances et les supporters. La cause avance un peu en France mais on voit que pour les interdictions de stades il y a encore des abus, avec les interdictions administratives par exemple. Nous l’avons vu lors du craquage de fumigènes contre Dijon l’année dernière. Ceux qui ont été arrêtés n’ont toujours pas été jugés et continuent d’être interdits de stade avec l’obligation de pointer au commissariat à chaque match. Pourtant, dans les vidéos, on voit très bien qu’ils n’ont pas participé à l’allumage. Il va y avoir un procès, s’ils se retrouvent innocentés, ils auront été interdits de stade un et demi pour rien.

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Pendant le confinement, vous avez créé une cagnotte de soutien envers les soignants. Quel a été le résultat ?
Nous avons récolté plus de 11.000 euros, ce qui nous a permis d’acheter des gouters, des cafés ou des fruits que nous avons livré chaque semaine aux hôpitaux de Toulouse. Nous avons eu beaucoup de retours et de remerciements. Cette action nous a permis de faire quelque chose, de mener un combat et de supporter le personnel soignant, à défaut de pouvoir supporter le Téfécé.

Sur un plan sportif, qu’attendez-vous du TFC cette année ? Etes-vous satisfaits des changements de l’intersaison ?
Nous sommes satisfaits du changement de direction que l’on demandait depuis plusieurs années. On ne peut que s’en réjouir. Maintenant sur le terrain, ayant le meilleur budget du championnat, l’objectif est de gagner à chaque rencontre et de remonter immédiatement. Nous avons hâte de découvrir ce championnat, dont plein de stades nous sont aujourd’hui inconnus. Mais le Covid-19 compromet les déplacements, au moins pour le début de saison.

Quelles sont les relations entre le club et les Indians actuellement ?
Nous avons eu une réunion qui s’est très bien passée. Nous repartons d’une page blanche, c’est tout nouveau, on verra avec le temps comment ça va évoluer.

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