Bataille de Montréjeau : « Montrer une force d’âme pour affronter les difficultés du présent »

0
628
Louise Barès - Infos-Toulouse

Le 22 août dernier, plusieurs dizaines de personnes se sont réunies, malgré les inconvénients liés à la crise sanitaire, afin de commémorer les victimes du massacre de Montréjeau par l’armée républicaine le 20 août 1799.

Tout commença le 4 août 1799. Suite à un durcissement de la politique menée par le Directoire, une insurrection dans le Midi toulousain éclata. Les principales raisons à ce mouvement de contestation : les lois nouvellement adoptées par les Jacobins, à la tête du pouvoir législatif, comme la conscription imposée par le régime politique et la loi des otages, permettant d’arrêter les nobles dans les régions dites « troublées », ainsi que l’anticléricalisme. Les prêtres étaient contraints de célébrer des messes clandestinement ou de s’exiler dans le Val d’Aran, en Espagne. L’insurrection réunit 10 à 15.000 hommes, des paysans armés de bâtons ou de faux. Ils avaient pour but de renverser le Directoire, régime dont l’instabilité se faisait davantage sentir et dont la fin devenait inéluctable. L’armée insurrectionnelle tenta de gagner la ville de Toulouse mais elle n’eut d’autre choix que de se replier le long de la Garonne en la ville de Montréjeau, « Mont-royal » en occitan. Ce fut là que les troupes républicaines mirent fin brutalement à la contre-révolution.

Récit d’une journée souvenir

C’est dans cette même ville, sur le boulevard Bertrand de Lassus, avec vue sur la chaîne des Pyrénées, que des familles, des catholiques, des habitués de cette commémoration et des curieux se sont retrouvés le 22 août dernier pour se souvenir de ces plusieurs milliers de victimes, massacrées par l’armée révolutionnaire 221 ans plus tôt. La journée a débuté par une messe célébrée selon le rite extraordinaire, l’autel arborant l’étendard de l’armée catholique et royale, par l’abbé Jacques Laguérie, prieur de la Fraternité Saint Pie X à Lourdes, qui a présenté les deux sens du mot « martyr ». Si le martyr peut évoquer dans un premier temps une mise à mort violente pour avoir refusé d’abjurer sa foi en temps de haine de la religion, comme l’ont vécu les victimes du massacre de Montréjeau, il est au sens large encore bien ancré dans notre quotidien. Le martyr, par son étymologie, signifie témoin. L’abbé Laguérie a donc rappelé l’importance de témoigner de la foi malgré les brimades de notre temps.

Lire aussi : Toulouse dernière demeure de saint Thomas d’Aquin

Après la messe, Pierre-Emmanuel Dupont, secrétaire du Comité du souvenir des victimes de la révolution a relaté ces événements d’août 1799, rappelant que le lieu de la bataille restait encore inconnu mais que des recherches allaient se poursuivre du côté du Chemin de la Côte Rouge, aux alentours de Montréjeau, ainsi que dans le département de la Haute-Garonne. Ce serait sans doute près de cette route que le sang des 3.000 victimes aurait coulé, avant que les corps soient jetés dans des charniers. Après avoir évoqué la mémoire de l’historien Jean de Viguerie et l’écrivain Jean Raspail, deux des soutiens du comité, récemment décédés. Pierre-Emmanuel Dupont communiqua par la suite les mots d’encouragement du Duc d’Anjou. Luc Le Garsmeur, patron d’émission sur Radio Courtoisie, a ensuite exposé la présence d’une contre-révolution dans le Lauragais, région voisine à celle du Comminges, située entre Toulouse et Carcassonne. Enfin, les participants ont pu entendre le message de soutien d’Alain Escada, président de l’association catholique Civitas.

« Rendre hommage aux défenseurs de la foi »

La volonté de cette commémoration a été en premier lieu, de « rendre hommage à ceux qui ont défendu leur foi contre les principes mortifères de la révolution », a souligné Pierre-Emmanuel Dupont. Ce n’était pas seulement une « démarche passéiste », précise le secrétaire du Comité, mais bien « l’occasion de montrer publiquement une force d’âme pour affronter les difficultés de notre présent et de comprendre les erreurs du passé afin de ne pas les reproduire aujourd’hui », affirme Olivier Monteil, conseiller régional du Rassemblement National et responsable du parti dans les Hautes-Pyrénées, présent lors de cette journée.

Lire aussi : Le concile de Toulouse qui implante les premiers bûchers dans le Languedoc

L’objectif du Comité du souvenir des victimes de la Révolution en Midi toulousain demeure le même que l’an dernier : pouvoir ériger une stèle faisant mémoire de cet « événement peu connu qui n’a le droit qu’à quelques lignes dans les livres d’histoire », comme l’a rappelé un des participants. Ils gardent tous le même étonnement sur ce massacre occulté, sur lequel « il ne reste plus de trace ». Le combat contre l’effacement de la mémoire passe d’abord par remettre l’histoire à l’honneur dans notre région.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Ecrivez votre commentaire
Entrez votre nom