Reconfinement : le triomphe de la servitude et du nihilisme

0
150

La crise sanitaire provoquée par le coronavirus fait apparaître une nouvelle logique totalitaire.

En décidant de reconfiner l’intégralité de la population, l’État prétend dicter les comportements individuels de chaque membre du corps social. Il agit ainsi en véritable secte dont le grand gourou demande à ses adeptes la plus exacte soumission. L’hystérie et la paranoïa collectives sont si inouïes que les fidèles aliènent sans rechigner toutes leurs libertés.

L’État devenu secte

L’actuelle dérive sectaire de l’État est le symptôme d’une profonde mutation de sa raison d’être. Dépossédé – ces dernières décennies – de la plupart de ses fonctions régaliennes, le Léviathan emploie désormais ses attributions pour régenter la vie des individus. Ainsi, la police n’est-elle plus employée pour réprimer la délinquance ou le terrorisme mais pour traquer les soirées clandestines et verbaliser celui qui omettrait de se balader sans autorisation.

Lire aussi : « Ras le masque » : ces masques qui ne seront pas des baillons

Le prétexte sanitaire est une aubaine pour que s’accélère cette dégénérescence de l’État. Michel Foucault fut très clairvoyant – il faut le reconnaître – lorsqu’il développa le concept de biopolitique. Il avait ainsi annoncé que les libertés s’estomperaient devant le motif impérieux de préserver la santé publique et, qu’à cette fin, la population serait soumise à un contrôle permanent.

La soumission des adeptes

La droite devrait se trouver en première ligne pour défendre la liberté contre des dérives qui rappellent les plus délirantes des utopies socialistes, lesquelles confiaient à l’État la mission d’organiser toute la vie des individus. Or, elle semble résignée, prête à cautionner l’actuelle dérive totalitaire. Robert Ménard lui assène même un terrible coup de couteau en déclarant qu’il n’y aurait pas d’autre solution envisageable qu’un confinement.

L’extrême docilité des peuples occidentaux face à la privation de leurs libertés les plus élémentaires est aussi déplorable que le cataclysme économique à venir, l’inévitable explosion de la dette publique et le report des soins pour de nombreux malades. Si l’on en croit les sondages et les témoignages que l’on entend tout autour de nous, les Français acceptent volontiers ces restrictions ubuesques. La servitude volontaire a définitivement triomphé de l’esprit de rébellion à la française. Néanmoins, le gouvernement continue de considérer que ses adeptes sont d’irréductibles gaulois réfractaires. Il se sent investi de la mission paternaliste de les protéger contre eux-mêmes. Il infantilise le peuple et rend ainsi caduque toute notion de responsabilité.

En marche vers le suicide collectif

Le principe de précaution poussé jusque dans cette extrémité dissimule un profond rejet de la vie, une expression ultime du nihilisme. Dorénavant, les post-modernes pourfendent rageusement ceux qui voudraient encore vivre la vie. Il est bien cocasse qu’une bonne partie de ces indignés soit d’anciens soixante-huitards ou leurs héritiers directs. Ils voulaient jadis jouir sans entrave et applaudissent aujourd’hui les pires restrictions. Mais ne sont-ils pas justement ceux qui, depuis cinquante ans, déconstruisent la culture européenne, les nations, l’école, la famille, en suivant une logique mortifère ? En ce sens, l’acceptation de l’enfermement et de la rupture des relations sociales révèle aussi bien le manque de vitalité de nos contemporains que leur indifférence devant l’effacement de leur identité.

Lire aussi : « La messe est le cœur de notre religion, nous refusons d’en être privés une seconde fois »

En guise de délivrance ultime contre le virus, le grand gourou ordonnera-t-il à ses fidèles de boire la cigüe ? La tragi-comédie qu’il jouera lors de sa prochaine allocution pourrait s’achever par cette exhortation au suicide collectif. En vérité, toute la démesure actuelle prouve que la paranoïa, le délire collectif et la distorsion de la réalité sont les principaux troubles dont souffrent l’homme occidental. Une thérapie lui serait bien nécessaire afin de renouer avec la raison et de retrouver l’envie de vivre.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Ecrivez votre commentaire
Entrez votre nom