9 janvier 1431 : Jeanne d’Arc entame son procès à Rouen

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Jeanne d'arc

Le procès de la Pucelle d’Orléans a commencé le 9 janvier 1431. Presque six siècles plus tard, Jeanne d’Arc reste, par son exemple de courage et de fermeté, tout à fait actuelle.

Le dimanche 9 janvier 1431, la lourde procédure judiciaire lancée afin de condamner Jeanne d’Arc débute à Rouen. Bien que les interrogatoires publics ne commencent qu’à partir du 21 février de la même année, la date du 9 janvier reste décisive car elle valide l’accusation prononcée contre Jeanne. Les chefs d’accusation sont « d’avoir vécu dans le dérèglement et dans la honte, au mépris de l’état qui convient au sexe féminin ; bien plus, d’avoir semé et répandu plusieurs opinions contraires à la foi catholique et tournant au dénigrement de certains articles de la croyance orthodoxe ». On lui reproche en outre le caractère diabolique de ses visions, son impiété, des pratiques magiques, le culte qu’elle aurait laissé se développer à son égard, sa tentative d’évasion que l’on fait passer pour une tentative de suicide, et divers péchés capitaux, comme l’orgueil. 

Jeanne d’Arc, seule mais forte devant ses juges

Cette procédure a été lancée par le vicaire du Grand Inquisiteur, qui a ordonné son arrestation, et soutenue par plusieurs membres ecclésiastiques, l’évêque Cauchon en tête, puisque c’est lui qui a racheté Jeanne d’Arc aux Anglais. Le chapitre cathédral de Rouen désigne ensuite l’évêque de Beauvais pour diriger les différentes audiences publiques et pour juger la Pucelle. C’est en effet sur son diocèse qu’elle aurait commis ses crimes. Lors des nombreux interrogatoires, l’évêque sera accompagné du Grand Inquisiteur ainsi que d’invités et d’assemblées diverses, en face desquels Jeanne sera toujours seule. Le procès se terminera le 30 mai de la même année par la mort de la Pucelle sur le bûcher.

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Cette procédure, difficile et injuste, permet pourtant de faire de la vie de Jeanne d’Arc « la plus belle histoire du monde », selon le philosophe Alain. Il révèlera finalement le génie littéraire de la pucelle de Lorraine, dont les réponses seront d’une simplicité et d’une sagesse remarquables. Dans le Procès de Jeanne d’Arc lu et commenté par Jacques Trémolet de Villers, ce dernier ne cesse de relever la transparence et le courage de la condamnée, qui assume et défend sa conduite jusqu’au bout.

Un exemple de confiance en Dieu et en sa mission

La source de la force de la Pucelle est sa confiance en ses visions, en Sainte Marguerite-Marie et Saint Gabriel. Ainsi, lors des réponses à ses juges, elle maintiendra et expliquera la raison de ses actes en toute simplicité, « Messire Dieu, premier servi », sa mission, « bouter les Anglais hors de France », et racontera avec justesse et beauté l’origine de ses voix.

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Jacques Trémolet de Villers cite régulièrement ses récits: « Quand j’eus l’âge de 13 ans, j’eus une voix de Dieu pour m’aider à me gouverner. Et la première fois, j’eus grand’peur. Et vint cette voix environ à l’heure de midi, au temps de l’été, dans le jardin de mon père, en un jour de jeûne. Je n’avais pas jeûné la veille. J’ouïs la voix du côté droit vers l’église, et rarement je l’ouïs sans clarté. En vérité, il y a clarté du côté où la voix est ouïe, il y a là communément une grande clarté. Quand je vins en France, souvent j’entendais cette voix ».

Un témoignage qui doit encore nous inspirer aujourd’hui

Malgré son arrestation et ces interrogatoires incessants, qui se sont déroulés à un rythme effréné, une quinzaine en un mois, Jeanne d’Arc tient bon. Elle ne recule pas et assume tout au long du procès ses actes et les raisons de son action, encouragée et guidée par Dieu. Même les 27 et 28 mars, alors que l’on lui lit le procès-verbal de ses réponses et son acte d’accusation devant des objets de torture, Jeanne d’Arc reste confiante et ne dément pas ses propos.

Nous pouvons nous inspirer de cette jeune femme dont le courage, la fermeté dans l’épreuve et la confiance en ses valeurs et en sa mission sont encore aujourd’hui remarquables : il existe peu de témoignages aussi frappants.

Ostiane Rhétière

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