Quand un salarié quitte une entreprise sans avoir pu prendre tous ses congés acquis, il a accès à une indemnité compensatrice de congés payés. C’est le droit qui impose ce versement : il fait partie des indemnités légales de rupture et permet de rémunérer les jours non pris. Pour éviter les litiges et les erreurs, le calcul de cette indemnité doit être rigoureux. Deux principales méthodes permettent de déterminer le montant de l’indemnité compensatrice de congés payés et l’employeur doit retenir celle qui est la plus favorable à l’employé. Voici un guide qui vous explique pas à pas toute la procédure.
Qu’est-ce que l’indemnité compensatrice de congés payés ?
L’ICCP, ou Indemnité Compensatrice de Congés Payés, est la compensation financière que perçoit le salarié au moment de la rupture de son contrat de travail. Le contrat peut prendre fin après un licenciement, une rupture conventionnelle, le terme d’un contrat à durée déterminée ou une faute grave.
L’ICCP couvre donc les congés acquis mais non pris par le salarié et doit figurer sur le solde de tout compte, ainsi que sur le dernier bulletin de paie. Le principal enjeu de ce mécanisme est de garantir que le salarié ne perde pas ses droits à des congés accumulés après une rupture de contrat.

Quelles sont les deux méthodes de calcul de l’indemnité de congés payés ?
Pour déterminer l’ICCP, on utilise deux méthodes de calcul autorisées par le Code du Travail puis on compare les résultats entre eux. L’employeur applique ensuite la méthode la plus favorable pour le salarié.
La première méthode est celle du dixième, dont la formule est la suivante : (Rémunération brute totale perçue pendant la période de référence ÷ 10) × (nombre de jours de congés non pris ÷ nombre de jours acquis). La période de référence va du 1er juin au 31 mai suivant, sauf s’il y a des dispositions conventionnelles contraires.
La deuxième méthode est celle du maintien de salaire, c’est-à-dire qu’on utilise le montant que le salarié aurait perçu s’il avait travaillé pendant les jours de congés non pris. La formule est celle-ci : (Salaire mensuel brut × nombre de jours de congés non pris) ÷ nombre de jours ouvrables ou ouvrés dans le mois.

Quels sont les éléments à inclure et ceux à exclure ?
Il faut que le calcul repose sur une assiette légale. Ainsi, le Code du Travail en son article L3141-24 prend en compte les éléments suivants :
- la rémunération de base ;
- les majorations pour les heures supplémentaires et le travail de nuit ;
- certaines primes mensuelles ;
- les avantages en nature ;
- etc.
En revanche, cette indemnité ne prend pas en compte les primes exceptionnelles comme l’intéressement, la participation, la prime de fin d’année, les remboursements de frais, les indemnités spéciales de mobilité. Ces éléments doivent être bien distingués pour éviter de gonfler artificiellement l’indemnité.

Clara Morel est une rédactrice spécialisée dans les thématiques d’emploi et de formation. Elle fournit des conseils pratiques pour aider les jeunes professionnels et les étudiants à réussir leur carrière.