Rugby. Michel Crauste, une figure du sport roi disparaît

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Michel Crauste
À Cardiff, au tournoi des 5 nations, de 1968 où l'équipe de France remporte le premier "grand chelem" de son histoire. On y reconnaît, Jean-Claude Noble, le pilier, Walter Spanghero le numéro 8 de légende, Christian Carrère le capitaine, et Jean Gachassin dit "Peter Pan".

Quand une figure de ce sport roi disparaît, les souvenirs reviennent. Michel Crauste, disparu jeudi dernier, était resté à Lourdes, sur sa terre bigourdane, aux pieds des Pyrénées. Cette cité mariale est connu du monde entier depuis qu’une petite fille aperçût plusieurs fois la « Notre-Dame du Ciel ». Cette bourgade pyrénéenne est moins connue du monde entier pour ces apparitions d’exceptions au stade Antoine-Béguère. Et Pourtant !

Lourdes a dominé le rugby français durant plusieurs décennies, bien avant que Béziers et ensuite Toulouse fassent parler d’eux sur ce bouclier de Brennus tant convoité. Des années 50 aux années 80, ce club a produit des joueurs d’exception : de Jean Prat à Jean Barthe, de Jean Gachassin à André Campaes et Pierre Lacaze, de Pierre Berbizier à Jean-Pierre Garuet en passant par bien d’autres, la liste est longue, qui ont fait la fierté des travées de ce stade mythique et la gloire de l’équipe de France durant plus de quinze ans.
Le rugby a ceci de magique qu’il fait inlassablement se rappeler des hommes qui ont soulevé les foules, qu’elles aient été dans de petits stades perdus au bord de départementales ou dans les grands temples comme Colombes ou l’Arm’s Park de Cardiff, comme Twickenham ou Lansdowne road à Dublin.

Michel Crauste était de ceux-là. Ses fulgurances et son âpreté au combat forçaient l’admiration des amateurs de ce jeu, fait de vitesse, de rudesse et de combativité, tout autant de qualités nécessaires à la vie.

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Moi, le rugby, comme pour beaucoup d’autres, c’est avant tout une affaire de transmission. Mon père, né à Toulouse, avait joué au bord de la Garonne au début des années 30 et était intarissable sur les figures ayant marqué ce jeu de ballon. Je me souviens comme hier des trajets effectués avec lui de la gare Saint Lazare pour aller au Stade Yves du Manoir à Colombes, (le stade Olympique de 1928), pour regarder les matchs du tournoi de 5 nations, au son des chants du sud-ouest.

Je me souviens précisément, alors que nous étions placés en tribunes basses, non loin de la ligne de touche, d’une sérieuse empoignade au France-Irlande du 27 janvier 1968. Les deux deuxièmes lignes mythiques, Benoît Dauga et Willie Mac Bride, alors que le ballon était déjà parti à l’autre aile du terrain, s’étaient attrapés avec deux trois marrons appuyés pour se lâcher ensuite et poursuivre le jeu sans que l’arbitre n’ait vu quoique ce soit de l’explication des deux grandes armoires.

De ce jour, alors que je jouais au PUC où mon père m’avait inscrit en 1963, j’ai su qu’il ne servait à rien de s’expliquer au bord de la touche si ce n’est avec les mains et les pieds…

Vive le rugby.

Guillaume d’Aram de Valada.

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