Tensions chez les antifas sur fond de transphobie

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Aquarius antifas
Alors que doit se dérouler une manifestation « unitaire » contre l’extrême-droite, quelques tensions ont secoué le milieu antifas toulousain. 

Tout a commencé le 29 avril, lorsqu’un groupe de militantes antifas et féministes a publié un communiqué sur sa page se plaignant ne pas avoir été convié à la manifestation du sixième anniversaire du décès de Clément Méric. Les Wonder Sister ont directement accusé « l’organisation locale désormais peu visible », l’Union Antifasciste toulousaine, à l’initiative de l’événement. « L’UAT, composée majoritairement d’hommes hétéros cis blancs, a choisi de mépriser notre action militante, se comportant ainsi en bon dominant, déniant tout simplement notre existence, et ayant décidé de ne pas nous convier, alors qu’une vingtaine d’orgas ont été contacté par email le 28 mars (dont la CGT par exemple), à l’organisation de cet événement, nous en excluant de fait »

Des éléments « transphobes et putophobes » parmi la manifestation antifas

Le communiqué des Wonder Sister dénonce également l’invitation adressée à des organisations « composées d’agresseur.euse.s transphobes et putophobes, pourtant déjà exclu.e.s par le passé ». Elles précisent que les faits reprochés remontent à la Pride de Nuit 2017, une manifestation nocturne interdite aux hommes hétéros et organisée par les militants LGBT et antifas les plus radicaux. « Pourtant, l’UAT savait qu’en invitant ces agresseur.euse.s, elle en excluait par la même les victimes de ces agressions, interdites de fait de participer à cette manifestation, les contraignant en cas de présence à faire face à ces violent.e.s transphobes et putophobes »

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Un comportement « minable et sexiste » pour la jeune formation féministe qui dénonce une « instrumentalisation de la mort d’un camarade » et d’une « récupération de l’hommage annuel ». Les Wonder Sister déplorent une attitude sexiste dans le milieu militant et antifasciste. « C’est pour lutter face à ce genre d’attitude, encore présente dans le milieu militant et antifasciste, que notre organisation a vu le jour et prévoit de continuer à combattre ».

L’UAT répond et se dédouane

Quelques jours plus tard, l’Union antifasciste toulousaine a répondu par un communiqué. L’organisation précise n’avoir jamais eu de « contact formel » avec les Wonder Sister. Concernant l’organisation de la manifestation du 5 juin, l’UAT assume « Nous avons fait le choix d’inviter uniquement des organisations politiques à la première réunion inter-organisations. Et notre démarche ne relevait ni du dédain, ni de la provocation mais d’un manque de connaissance mutuelle, d’une absence de relation formelle, de collectif à collectif, empêchant une bonne intelligence et camaraderie de se mettre en place ».

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D’après l’UAT, les agresseurs de la Pride de Nuit 2017 dont parle les Wonder Sister ont été « mis à l’écart ». « Depuis, les agresseur.euse.s sont parti.e.s/ont été exclu.e.s de ces organisations, d’autres ont déménagé dans d’autres villes. À notre connaissance, il ne reste plus de ces « agresseur.euse.s transphobes et putophobes » dans les organisations que nous avons invitées ». L’Union antifasciste souligne que les Wonder Sister ont co-signé le texte d’appel à la Pride de nuit 2019 avec une organisation accusée « de complicité d’agressions, à savoir OCML-VP »

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Enfin, le communiqué, signé des femmes de l’UAT, déplore le qualificatif de mouvement composé de « mecs hétéro cis blanc » qui relègue les militants au rang de « minorité invisible ». « Vous avez réussi à faire qu’un groupe de femmes se sentent exclues de la lutte antifasciste et antisexiste », concluent-elles.

Qui participe à la manifestation des antifas ? 

Plusieurs collectifs ont appelé à manifester aux côtés des antifas. L’Union Antifasciste Toulousaine, Jeunesse Antifasciste Toulouse et Environs, Union des ÉtudiantEs de Toulouse, Solidaires 31, Communauté Démocratique Kurde de Toulouse, Confédération Nationale du Travail 31, SLCBA-CGT 31, Eunomia, Collectif Anarcho-Communiste du Mirail, Nouveau Parti Anticapitaliste 31, Alternative Libertaire 31, Coordination des Groupes Anarchistes, Groupe Libertad de la Fédération Anarchiste, Collectif Zad 31, Attac Toulouse, Act-Up Sud Ouest…

La manifestation partira du métro Saint-Michel Marcel Langer à 18h30. 

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