Canal du Midi : trait d’union entre l’océan et la Méditerranée

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Canal du Midi
Les bords du Canal du Midi à Toulouse, quartier Pont des demoiselles. ©Wikipedia
Pierre-Paul Riquet a laissé derrière lui une trace qui a traversé les siècles. 410 ans après sa naissance à Béziers, son oeuvre majeure, le canal du Midi continue de s’articuler au fil des évolutions de la région. 

C’est le 29 juin 1609 à Béziers que Guillemette Riquet, épouse de Guillaume Riquet, donne naissance à Pierre-Paul. Éduqué dans une famille bourgeoise et protestante, il étudia chez les Jésuites où se révéla rapidement son goût pour les sciences et les mathématiques.

En 1628, il épouse Catherine Milhau dont il aura cinq enfants. Au service du Roi Soleil, Louis XIV, il fut nommé sou-fermier puis fermier général du Languedoc en 1660 et se voit confier par Colbert, ministre du Roi et intendant des finances, la gabelle (impôt sur le sel) du Languedoc.

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L’idée de relier l’océan Atlantique à la mer Méditerranée, qui avait été envisagée dès l’Antiquité, n’avait cessé de poursuivre Riquet. Le 15 novembre 1662, Pierre-Paul Riquet fait parvenir à Colbert une lettre traitant de son souhait de réaliser un immense projet, celui de la construction du canal. Il faut attendre le 18 janvier 1666 pour que Louis XIV ordonne l’examen du projet de Riquet.

L’histoire du canal du Midi commence

Le canal du Midi s’étend sur 241 kilomètres, débouchant à l’étang de Thau, près de Sète et à Toulouse au niveau du port de l’Embouchure (Ponts-Jumeaux). Il est classé au patrimoine de l’UNESCO depuis 1996.

En 1660, Pierre Riquet trouve la solution pour alimenter le canal : récupérer les eaux de la montagne noire et les conduire au seuil de Naurouze, point de partage des eaux des deux versants. Il constitue le point le plus élevé du canal du Midi. Riquet envisage de construire un grand bassin de régulation, capable de recueillir en hiver les eaux de la Montagne, et de les restituer en été, au futur canal. Pierre-Paul Riquet décida de le construire à Saint-Ferréol. Le lac de Saint-Ferréol s’étale sur soixante sept hectares avec trente six mètres de profondeur par endroit.

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Dans un premier temps le chantier avance correctement : creusement du bassin de Saint-Ferréol, construction de l’écluse de la Garonne, mise en eau du tronçon Toulouse-Naurouze (mai 1668) et creusement du tronçon Naurouze-Méditerranée. À partir de 1670, les travaux ralentissent notamment dues aux nombreuses dépenses indispensables et les obstacles naturels (construction du tunnel de Malpas par exemple).

Le 1er octobre 1680, sans doute à bout de forces et emporté par la maladie, Pierre-Paul Riquet s’éteignit laissant derrière lui un projet inachevé. Il fut inhumé dans la cathédrale Saint-Etienne. Ce sont ses fils, Jean-Mathias et Pierre-Paul, aidés de Vauban et Antoine de Niquet qui achevèrent le projet.

Le 15 mai 1681 le Canal est béni, inauguré en grande pompe et ouvert à la navigation le 19 mai de la même année.

L’empreinte du canal du Midi à Toulouse

La statue de Pierre-Paul Riquet.

Sculptée en 1838 par Bernard Guiffoul Dorval et installée en haut des allées Jean-Jaurès au carrefour des boulevards Bonrepos depuis 1853, la statue du créateur du canal du Midi sera réinstallée sur son socle à l’issu des travaux, soit à l’été 2020 selon actuToulouse.

Une station de métro qui lui est dédié

La ligne B du métro porte le nom Canal du Midi, rappelant que lors de la construction du réseau de transport, le chantier a nécessité la déviation des eaux du canal du Midi pendant plusieurs mois.

Tombeau de Pierre-Paul Riquet à Saint-Étienne

Pierre-Paul Riquet fut inhumé en la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse, sa paroisse. Sa dépouille repose dans un caveau voûté accessible sous une dalle du sol aux inscriptions difficilement lisibles. Il avait écrit dans son testament désiré que son corps soit enseveli dans l’église paroissiale où il décéderait.

Tout savoir sur le canal du Midi

La Maison de la Haute Garonne, située à l’aire de Port-Lauraguais (à 45 kilomètres de Toulouse), propose une exposition sur le canal du Midi avec un espace de 200 m² qui lui est spécialement dédié. À travers des maquettes, des fiches pédagogiques ainsi que des vitrines, la visite gratuite (possibilité de visite guidée payante) permet de devenir incollable sur l’histoire et la construction du canal. Une librairie proposant une large documentation sur ce chef d’œuvre est également disponible au public.

Le Canal du Midi aujourd’hui

Depuis 2006 les platanes qui bordent le canal du Midi sont rongés par le chancre coloré (champignon) qui a nécessité l’abattage de près de 22 000 des quelques 42 000 platanes plantés aux abords de l’eau. Craignant un possible déclassement au patrimoine de l’Unesco, des campagnes de replantation ont été lancées pour sauver le canal de cette catastrophe environnementale.

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À l’occasion de la troisième édition du forum Toulouse Patrimoine d’avenir, le 21 mai 2019, le maire et président de Toulouse métropole, Jean-Luc Moudenc, a présenté une vision de ce que pourrait être le canal du Midi dans quelques années. Cité par le Journal toulousain, ce projet prévoit de réaménager les berges, de planter une quarantaine d’arbres et d’aménager des voies piétonnes et cyclables.

Au niveau de la gare Matabiau, l’écluse qui est présente à l’entrée de la gare est dorénavant recouverte de bois de chêne, ce qui va couvrir partiellement le canal du Midi. C’est le début d’une longue période de chantiers qui devraient s’étendre sur une quinzaine d’années.

Alicia de Ligny.

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