L’abbaye de Boulaur, ses vaches et son verger

0
203
Boulaur
Les sœurs de l'abbaye de Boulaur © Divine Box

L’abbaye Sainte-Marie de Boulaur est une abbaye cistercienne française. Implantée dans le Gers depuis 1142, l’abbaye a connu quelques péripéties au fil du temps.

Aujourd’hui, la communauté jeune et dynamique de l’abbaye de Boulaur s’occupe des animaux de sa ferme agricole comme de ses hectares d’agriculture raisonnée. On vous emmène faire un petit tour et on vous raconte tout sur l’histoire de l’abbaye de Boulaur, suivez le guide !

Boulaur
L’abbaye de Boulaur est implantée dans les environs de Toulouse depuis le XIIe siècle – Divine Box

Que du beau monde

L’abbaye de Boulaur fut fondée en 1142 dans le Gers par Pétronille de Chemillé, abbesse de la prestigieuse abbaye de Fontevraud ! À l’époque, cette dernière est l’une des plus grandes cités monastiques d’Europe, et a pour vocation de n’accueillir que des jeunes filles nobles. Parmi les fondateurs de Boulaur, on compte ainsi un archevêque et un comte, et la première abbesse est une comtesse devenue veuve ! Bref que du beau monde pour démarrer…

Boulaur
C’est en 1115 que Pétronille de Chemillé a reçu son bâton d’abbesse des mains de son évêque – Divine Box

Le « Bon Lieu » 

Par la suite, l’abbaye de Boulaur traverse les siècles sans encombre, au milieu des magnifiques paysages du Gers. C’est d’ailleurs ce cadre exceptionnel qui lui donnera son nom. Boulaur vient en effet du latin « Bonus Locus », le Bon Lieu ! 

Lire aussi : L’artisanat des moines bénédictins du monastère Sainte-Marie de La Garde

Petit à petit, le village de Saint-Germier, voisin de l’abbaye, prendra lui aussi le même nom. 

Mais la vie sur place à l’abbaye n’en est pas moins rude : Boulaur vit en effet grâce aux rentes des sœurs, mais elle est la plus pauvre de l’ordre ! 

Boulaur
Certaines parties de l’église de l’abbaye de Boulaur datent encore du XIVe siècle – Divine Box

Ça s’en va et ça revient 

Mais à la Révolution, patatra : l’État confisque l’abbaye et dissout la communauté ! 

Au cours du XIXe siècle, quelques moniales fontevristes essayent bien de redonner vie au lieu, et restaurent l’église qui tombe en ruine. Mais pas de chance : elles sont, elles aussi, expulsées en 1904 par des lois anticléricales… 

Lire aussi : Dans les coulisses de l’atelier de pâtes de fruits de l’abbaye de Tournay

En 1949 cependant, quatre moniales, auparavant bénédictines, rachètent l’abbaye pour une misère, et viennent s’y installer et y vivre selon la vie cistercienne. Mais les années passent et les vocations ne viennent pas… 

Boulaur

Depuis le retour des sœurs en 1949, l’abbaye de Boulaur s’est lancée dans différents travaux de restauration et de reconstruction des bâtiments – Crédit Photo : abbaye Sainte-Marie de Boulaur

Mais oui c’est Clair(e) 

En 1979, la situation est critique : l’abbaye ne compte que cinq sœurs, et l’avenir est incertain… Le supérieur de l’ordre cistercien a alors une idée. Pourquoi ne pas prier Claire de Castelbajac, une fille du pays morte en odeur de sainteté à 21 ans quelques années auparavant ? 

Objectif : lui demander cinq vocations dans l’année ! « Impossible » se disent les sœurs, qui obéissent pourtant… 

Lire aussi : L’histoire de l’abbaye Notre-Dame de Tournay

Et dans les mois suivants, surprise : voici cinq jeunes filles qui se présentent à l’abbaye ! La première s’appelle d’ailleurs… Claire ! Coïncidence ? 

Claire de Castebajac
C’est grâce à l’intercession de Claire de Castelbajac (ci-dessus), que l’abbaye de Boulaur a pu reprendre vie dans les années 80 – Crédit Photo : Claire de Castelbajac

L’amour est dans le pré

La vie reprend alors à̀ fond à l’abbaye de Boulaur, et les sœurs peuvent développer une agriculture biologique, dans leur ferme et leurs 27 hectares. Et développer leur artisanat monastique !

Aujourd’hui, leur petit élevage de dix vaches leur permet par exemple de faire du fromage, le « Saint-Germier ». La tome tient son appellation du nom d’un évêque de Toulouse qui évangélisa la région. Produite à partir de 60 litres de lait, elle est ensuite affinée pendant 2 à 5 mois. Et grâce à leurs cinq cochons, leurs poules et leurs lapins, elles réalisent de délicieux pâtés et terrines.

Mais n’est pas tout, avec les légumes du potager et les fruits du verger, les sœurs se nourrissent et fabriquent aussi toute une flopée de confitures. Miam miam miam, c’est trop b(i)onnn !

Boulaur
Le « Saint-Germier » est un fromage artisanal confectionné par les sœurs de l’abbaye de Boulaur à partir du lait de leurs vaches- Divine Box

Et aujourd’hui ? 

Aujourd’hui, les 27 sœurs de l’abbaye de Boulaur rayonnent par leur dynamisme et leur jeunesse. Elles sont cisterciennes et suivent la règle de saint Benoît « prière et travail ». Elles prient ainsi sept fois par jour (premier office à 5h15 !) et vivent principalement de leur petite ferme agricole. Vaches, cochons, potager, verger… Il y a de quoi faire !

Lire aussi : Abbaye-école de Sorèze, la Maison des Illustres

De plus, parmi la communauté, deux des sœurs de l’abbaye de Boulaur sont ingénieures agricoles. Les animaux et le verger sont certains d’être chouchoutés !

Enfin, forte de sa jeunesse, l’abbaye a redonné vie en 1998 à la très ancienne abbaye de Rieunette, dans l’Aude !

Boulaur
Une sœur de l’abbaye de Boulaur mène son petit troupeau de vaches brouter de l’herbe dans ses champs – Divine Box

Des pierres chargées d’histoires

Côté architecture, il ne subsiste de l’église primitive de l’abbaye de Boulaur que certains murs ainsi qu’une porte romane. Par ailleurs, certaines parties furent remaniées au XIVe siècle : on peut même encore admirer des peintures de l’école de Giotto !

Quant au cloître (situé dans la clôture et donc interdit d’accès aux petits curieux !), sa partie la plus ancienne date encore de la fin du XIIIe siècle, avec une construction de briques et de pierres alternées, remaniée au XVIIe siècle. Mais le petit bijou que renferme ce cloître, et que les sœurs gardent précieusement, c’est la statue d’une Vierge à l’Enfant datée fin XIIIe siècle – début XIVe siècle. Celle que l’on appelle la « Belle Dame » de Boulaur fut en effet retrouvée sous un carrelage !

Boulaur
La « Belle Dame » de Boulaur est une Vierge à l’enfant, datée de la fin XIIIe siècle – début XIVe siècle, et retrouvée à l’abbaye de Boulaur – Divine Box

« Attention Chantier ! » 

À Boulaur, les projets fusent à toute allure… Depuis deux ans, les sœurs travaillent par exemple avec des musicologues sur un livre de chants cisterciens des origines, pour chanter à l’office ! 

Lire aussi : Saint-Bertrand de Comminges, le « Mont Saint-Michel des Pyrénées »

Par ailleurs, après trois ans d’étude, elles ont commencé à restructurer le site de l’abbaye. Au programme : construction d’un cloître pour les hôtes et agrandissement de l’espace d’accueil. Mais aussi et surtout : extension de l’exploitation agricole pour rayonner comme, jadis, « les granges cisterciennes du XIIe siècle » ! Hmmm, ça sent déjà les bons produits monastiques des abbayes

Boulaur
Aujourd’hui, les sœurs de l’abbaye de Boulaur cultivent en permaculture toutes sortes de fruits et légumes : abricots, poires, pêches, cassis, kiwis … – Divine Box

Et pour acheter les produits des soeurs de Boulaur ?

Pour les rencontrer et papoter avec elles à la boutique de l’abbaye, il faut se rendre à l’abbaye de Boulaur : 32450 Boulaur ! Mais si vous n’avez pas la chance d’habiter la région, pas de panique il reste la boutique monastique en ligne de Divine Box : cliquez ici pour acheter des produits de l’abbaye de Boulaur.

Sinon, cliquez ici pour en savoir plus sur l’abbaye de Boulaur, comme par exemple sur Claire de Castelbajac, grande figure de joie et de foi ayant marqué la communauté.

Divine Box. 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Ecrivez votre commentaire
Entrez votre nom