Il y a 40 ans, la messe était de nouveau célébrée au Férétra

0
376
Férétra
La chapelle Notre-Dame du Férétra, place Saint-Roch à Toulouse. © Wikipedia

Le 14 juillet 1979, une première messe était célébrée dans la petite chapelle du Férétra jusqu’alors transformé depuis près d’un siècle en entrepôt à charbon. 

Après plusieurs siècles d’absence et une histoire rocambolesque, l’une des plus vieilles chapelles toulousaines accueillait pour la première fois, le 14 juillet 1979, une messe célébrée par un jeune prêtre fleurentin ordonné à Écône, le séminaire fondé par Monseigneur Lefebvre. 

Lire aussi : Toulouse dernière demeure de saint Thomas d’Aquin

Depuis l’office est célébré chaque jour par les abbés de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X. De quelques dizaines il y a 40 ans, ils sont aujourd’hui entre 300 et 400 chaque semaines à assister aux trois messes dominicales à 8 heures, 9 heures et 10h30. 

Une chapelle de plus de dix siècles

Les premières traces de la chapelle remontent à l’an 1077, lorsque Isarn, évêque de Toulouse, fait don du terrain au chapitre de la cathédrale Saint-Étienne. Bien avant les immeubles du quartier d’Empalot, la chapelle était pendant longtemps à l’extérieur de la ville. 

Férétra
L’intérieur de la chapelle du Férétra. © Wikipedia

La chapelle connaît son moment de grâce lorsqu’elle accueille les reliques de saint Thomas d’Aquin, accordée par le pape Urbain V. « Lorsque Dieu vous aura fait parvenir heureusement à Toulouse, comme j’en ai la ferme espérance, vous déposerez dans la chapelle qui appelée del Férétra le corps et le chef de saint Thomas », a ordonné le souverain pontife aux Frères Prêcheurs partis de Montefiascone (Italie). Arrivée la veille et après une nuit de repos dans la chapelle, la translation des reliques vers les Jacobins se déroule devant des milliers de fidèles, le 28 janvier 1369. 

Du lieu de culte au dépôt de charbon

À la Révolution de 1789, le clergé non jureur utilise la chapelle pour faire perdurer la foi catholique. Le Férétra est abandonné après le Concordat de 1802 au profit de l’église des Récollets. L’ancienne chapelle est convertie en grange et est passée de propriétaire en propriétaire. La ville proposa en 1915 sa destruction pour créer une place publique à son emplacement. Un article de Henry Rouzeaud dans le journal L’Auta, en mars 1915 sauva l’édifice qui sera classée cinq ans plus tard. 

Lire aussi : Pèlerinage de Chartres : « La foi est un combat de tous les instants »

Après des décennies à avoir été utilisée comme un entrepôt de charbon, sa ruine est promise et l’Administration des Hospices décide en 1975 de se séparer de sa propriété. Un certain monsieur René Trazit se porte acquéreur et fonde l’association « Les amis de Notre-Dame du Férétra ». Le 14 juin 1979, les pompiers investissent la chapelle et efface, à l’aide de leurs lances à incendie, les épaisses couches de poussière de charbon. Le 18 juin, la restauration commence et l’association met la chapelle à disposition de la Fraternité Saint Pie X dès 1980. 

Étienne Lafage. 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Ecrivez votre commentaire
Entrez votre nom