Nos enfants, nos écrans

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En 2008, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) lance une campagne de prévention intitulée « Pas d’écrans avant 3 ans » pour sensibiliser les adultes à ne pas laisser les tout-petits face aux écrans.

Entre 2 et 3 ans, le cerveau d’un tout-petit est deux fois plus actif que celui d’un adulte, notamment grâce à la multiplication des neurones. C’est l’âge le plus crucial pour le devenir de l’enfant puisqu’il acquiert l’apprentissage du langage et de la mémoire. L’interaction avec le monde qui l’entoure est primordiale pour son développement. Il touche ce qu’il voit et est attiré par tout ce qui bouge. Devant des écrans, l’enfant est passif et est coupé de la réalité, ce qui freine le développement de ses cinq sens.

D’après différentes études scientifiques, les écrans impacteraient le cerveau et pas que

Aux États-Unis, en 2018, les Instituts nationaux Américains de la santé (Nih) ont mené une étude consistant à examiner les cerveaux de 4.500 enfants âgés de 9 et 10 ans pendant plusieurs années afin de voir si le temps passé sur les jeux vidéos et à la télévision influençait leurs développements.

Les premiers résultats montrent un amincissement prématuré du cortex, la partie du cerveau qui traite les informations envoyées au cerveau par les cinq sens. De plus, les écrans favorisent la libération de dopamine, de l’hormone du plaisir, qui entretient l’addiction au numérique. Une étude consistant à scanner le cerveau d’adolescents pendant qu’ils regardaient leur fil d’actualités Instagram, a permis de démontrer le dégagement de dopamine.

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Une autre étude réalisée par des Canadiens a permis de démontrer que plus de deux heures sur les écrans diminue les facultés intellectuelles et cognitives, la mémoire, avec troubles de l’attention, de l’apprentissage et du sommeil.

Les écrans peuvent aussi provoquer une diminution de la vision et la lumière bleue dégagée par les outils numériques entraîne des troubles du sommeil.

Des contenus non appropriés aux enfants

Les plus jeunes sont plus vulnérables à des dangers dont les parents n’ont pas toujours conscients. Parmi eux le visionnage d’images à caractère pornographique. Une enquête réalisée révèle qu’en moyenne un enfant de 11 ans a été exposé, souvent de façon accidentelle, à du contenu pornographique. Ces expériences peuvent entraîner des traumatismes psychiques.

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À la télévision les programmes ne sont pas tous adaptés à l’âge de l’enfant et certaines images peuvent susciter chez lui des émotions différentes de celles de l’adulte. Des scènes violentes ou des thèmes difficiles (suicide, drogue, violence conjugale) peuvent entraîner chez l’enfant des troubles du sommeil, des cauchemars, des phobies et de l’agressivité.

Éduquer son enfant aux écrans

Les parents doivent adopter un usage éducatif des écrans, c’est-à-dire en limitant le temps passé devant, en restant avec l’enfant pendant le visionnage d’un film, en vérifiant son confort (éclairage et distance), en engageant un dialogue avec lui et en distinguant le réel du virtuel.

Souvent les parents laissent l’enfant devant sa tablette, pensant de ce fait éviter une crise d’humeur de sa part. Pourtant ils ont conscience de sa dépendance et se retrouvent impliqués dans un cercle vicieux.

Plusieurs parents appliquent des règles telles que demander l’autorisation avant d’accéder à l’ordinateur, ne pas donner le mot de passe limitant le risque d’évasion sur Internet, proposer une tranche horaire par jour ou par semaine sur les écrans ou interdire l’usage de jeux vidéos trop violents. L’Organisation mondiale de la Santé reconnaît aujourd’hui l’addiction aux jeux vidéos comme une maladie.

Alicia de Ligny.

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