Rétablissement des frontières en Europe : le retour du réalisme en politique

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© Pixabay

La crise du coronavirus marque une revanche retentissante du réel sur l’idéologie mondialiste.

Au nom des droits de l’Homme et d’un historicisme dont l’aboutissement serait l’avènement d’une société ouverte et sans frontière, toute la gauche et la droite libérale assènent que le retour des frontières est impossible. Ni l’islamisation des sociétés occidentales ni l’explosion de la délinquance ni même la répétition des attentats terroristes n’avaient contraint les dirigeants européens à renoncer à leur utopie. Mais aujourd’hui, la réalité commence à les rattraper.

L’Europe centrale à l’avant-garde

Contrairement aux premières recommandations – emplies de naïveté – des instances européennes, les dirigeants des pays d’Europe centrale ont très rapidement adopté des mesures visant à renforcer le contrôle des frontières alors même que leurs nations étaient encore très peu touchées par la propagation du virus. Ainsi, la Pologne imposait les premières restrictions à la libre circulation dans l’espace Schengen le 9 mars, suivie le 11 par l’Autriche et la Slovénie, le 12 par la Slovaquie et la République tchèque. Leurs dirigeants souverainistes démontrent une nouvelle fois qu’ils disposent d’une parfaite conscience de la réalité et d’une réactivité que l’on peut espérer salvatrice. Les « euros-réalistes » donnent ainsi une nouvelle leçon de réalisme à leurs utopistes voisins de l’Ouest.

La fin du déni en Europe de l’Ouest

Face à ces mesures de bon sens, les séides de la « mondialisation heureuse » ont poussé leurs habituels cris d’orfraie. Ursula von der Leyen s’est émue de ces entorses à la libre circulation, affirmant que « les interdictions de voyage générales ne sont pas considérées comme très efficaces par l’Organisation mondiale de la santé ». Moins d’une semaine après, la présidente de la Commission européenne avoue avoir sous-estimé la crise et défend désormais les restrictions requises par les circonstances.

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Le revirement d’Emmanuel Macron est tout aussi frappant. Le jeudi 12 mars, le Président de la République blâmait le « repli nationaliste », alors qu’il ordonnait – quatre jours plus tard – le retour d’un contrôle des frontières. De même, Angela Merkel affirmait le mercredi 11 mars : « Nous n’allons pas nous débarrasser du virus en fermant nos frontières ». Il n’aura fallu que quelques jours à la Chancelière allemande pour également changer d’avis et rétablir des contrôles renforcés. Enfin, la réalité inflige un sévère retour de bâton à tous les éditorialistes qui, sur un ton narquois et dédaigneux, fustigeaient Marine Le Pen et toute personnalité politique ou médiatique qui osait réclamer la fermeture des frontières.

Un maintien durable des frontières ?

Le contexte actuel constitue une aubaine pour en finir avec les accords de Schengen. Les mesures adoptées la semaine dernière marquent une rupture avec l’utopie sans-frontiériste, un regain de bon sens, une redécouverte de l’intérêt général (voire national). C’est encore une opportunité pour endiguer l’immigration massive. Le scénario – plausible – d’une propagation du Codiv-19 au sein du continent africain pourrait amener une pérennisation de la fermeture des frontières. Si l’Afrique connaît pour l’heure peu de cas d’infections, ses gigantesques carences en matière de santé, notamment les difficultés d’accès à l’eau pour de nombreux pays, font craindre une propagation rapide et durable du virus. Plusieurs experts redoutent ainsi une véritable catastrophe sanitaire. Face à ce nouveau danger, les libéraux-libertaires ne pourront plus rétorquer qu’il est impossible de maintenir des frontières entre l’Europe et le reste du monde.

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La légèreté des dirigeants et des médias a causé bien des ravages qui auraient pu être évités. Sans cette obstination à maintenir les portes grandes ouvertes, des vies auraient sûrement été épargnées. Il est temps de dénoncer l’irresponsabilité des élites mondialistes et de rappeler que les frontières sont avant tout une protection pour les populations.

Alexandre Moreau.

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