Pas de messes avant le 2 juin : et si vous écriviez au Préfet ?

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Chapelle Saint-Jean-Baptiste, à Toulouse. © DR

Le Premier ministre a annoncé la reprise possible des messes à compter du 2 juin, malgré la demande de fidèles et de prêtres de pouvoir officier en public à partir du 11 mai. Une attente qui draine l’incompréhension chez les catholiques. Certains proposent d’écrire au Préfet pour obtenir une dérogation. 

Durant son allocution devant l’Assemblée nationale, Édouard Philippe a annoncé que les lieux de culte resteront ouverts pendant la période de déconfinement mais que les cérémonies devront attendre, au moins jusqu’au 2 juin. Par ailleurs, il a laissé aux préfets départementaux une souplesse décisionnelle dans l’application des consignes gouvernementales en fonction de la couleur de dangerosité, vert ou rouge.

Pourquoi alors attendre le 2 juin pour réouvrir nos églises dans les départements peu touchés ? Nous avons en tant que catholiques un devoir impérieux de dire à notre préfet notre désarroi devant cette situation qui s’éternise inutilement. Les magasins et autres sont ouverts pour la santé du corps, et pour la santé de notre âme ?

Lire aussi : Confinement : les cérémonies du 8 mai interdites

C’est pourquoi je propose une lettre type (dont on doit l’origine à Olivier Valette), à adapter à votre département pour faire savoir à votre préfet que nous ne réclamons pas un droit, mais simplement de faire notre devoir de chrétien.

La lettre type

« Madame / Monsieur le Préfet
Je vous écris suite aux annonces du Président de la République et du premier ministre, concernant la reprise des cultes dans le cadre du déconfinement.
Je suis catholique pratiquant. Et comme tous les catholiques, j’ai vécu ces semaines de confinement, impliquant privations et restrictions avec beaucoup de sérieux et de loyauté, mais aussi avec douleur de ne pouvoir célébrer ou assister aux célébrations des offices liturgiques de la Semaine Sainte, qui est pour tous les catholiques, le point d’orgue de toute l’année, la source et le sommet de la vie chrétienne.
Pourtant nous n’avons pas pour autant fait le choix de la désobéissance civile – qui aurait été légitime – et avons continué de rendre à César ce qui est à César.
Aujourd’hui, nous voulons pouvoir librement rendre à Dieu ce qui est à Dieu, en l’honorant comme il convient, par un culte public. Le culte public que l’Eglise rend à Dieu lorsqu’elle se rassemble, prêtres et fidèles, pour célébrer la Messe, parce que sans le Dimanche, nous ne pouvons pas vivre.
Soyez assuré, Monsieur le Préfet, que nous mettrons tout en œuvre pour que soient respectés les gestes barrières et que soient prises dans nos églises et chapelles, toutes les précautions nécessaires pour ne pas aggraver la situation. S’il le faut nous ferons même davantage, comme le Christ nous y invite dans son Sermon sur la Montagne : « Si quelqu’un te requiert pour faire mille pas, faisant deux mille avec lui. » (Mt 5, 41)
Comment comprendre, que les transports en commun, les supermarchés, les écoles etc… soient autorisés à accueillir du public, et non les églises ?
Par conséquent, je vous demande, Monsieur le Préfet, conformément aux consignes de souplesse par département données par le gouvernement, de bien vouloir accéder à la requête des communautés chrétiennes de ce département, en autorisant dès le déconfinement, les chrétiens à se rassembler dans leurs églises et chapelles pour prier, honorer et adorer Dieu. Ce qui nous est un besoin vital, une nourriture spirituelle aussi nécessaire à nos âmes que ne l’est celle qui nourrit nos corps.
Je vous prie de croire, Madame / Monsieur le Préfet, en l’assurance de mes respectueuses salutations. »

Jacques de Foucault.

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